Peut-on se protéger par/avec/grâce à l’empathie ?

L’empathie protégée

L’empathie a été et continue à être définie par une grande variété de termes. Le psychologue social américain Daniel Batson le décrit très simplement comme « une motivation orientée vers l’autre ». Heinz Kohut, le développeur autrichien de la Psychologie de Soi, l’appelle la « capacité de penser et se sentir dans la vie intérieure d’une autre personne », tandis que le philosophe Khen Lampert explique « [l’Empathie] est ce qui arrive quand nous quittons nos propres corps… et nous nous trouvons, momentanément ou pour une période plus longue, dans l’esprit de l’autre. Nous observons la réalité par ses yeux, nous sentons ses émotions, nous partageons sa douleur. »

En Aïkido Verbal, le concept d’empathie protégée s’occupe de la partie cognitive de l’empathie plutôt que de la partie affective. L’empathie protégée a pour but de sincèrement comprendre et reconnaître la validité de ce que dit, pense ou ressent l’attaquant, en évitant d’être tiré vers une position émotionnelle ou préjudiciable. La notion de « protégée » encourage également la conviction que l’objectif du pratiquant de l’Aïkido Verbal (ou l’Aïkidoïste) n’est pas de « réparer » la douleur de l’autre ; nous utilisons simplement l’empathie pour souligner l’importance des vues de l’autre et pour garder ouvert un canal d’énergie positive.

Le fait d’entrer dans l’espace mental de l’attaquant, avec l’empathie protégée, crée souvent une déstabilisation chez lui. La surprise en est souvent la raison et le risque d’une poursuite négative de l’échange est grandement présent. Pour cette raison, le Sourire Intérieur ([…]) doit être gardé actif pour bien réagir à une probable deuxième attaque. Exemple :

Attaquant : Tu as toujours été jaloux de moi !

Aïkidoïste : […] Que veux-tu dire ?

Attaquant : Tu sais exactement ce que je veux dire ! N’essaie pas de le nier !

Aïkidoïste : Bien. […] Quand penses-tu que cette jalousie a commencé ?

Comme vous pouvez le remarquer, l’Aïkidoïste n’est ni d’accord, ni en désaccord avec l’attaquant et donc, dans cet exemple, ni il ne se soumet, ni il n’entre dans le conflit. La volonté de comprendre le point de vue de l’autre doit être sincère et, même si la déstabilisation est souvent le résultat d’un mouvement dIrimi, elle est inefficace à long terme si la déstabilisation devient l’objectif. Cela signifie que si vous essayez de répondre à une attaque par une réponse qui semble chercher la compréhension de l’autre, mais sans intention sincère de comprendre le point de vue de l’attaquant, l’Aï-ki ne peut être exécuté et l’attaque va s’aggraver ou finir par un résultat émotionnel négatif. Exemple :

Attaquant : Tu as toujours été jaloux de moi !

Cible non formée : Quoi ?

Attaquant : Tu sais exactement ce que je veux dire ! N’essaie pas de le nier !

Cible non formée : Depuis quand !?

Attaquant : Et maintenant, tu me traites de menteur ?

Cible non formée : Mais de quoi tu me parles, là !?

De cet échange se dégage une franche hostilité entre les deux protagonistes. L’interrogation défensive de la cible non formée contribue à mettre de l’huile sur le feu car aucune position d’empathie protégée n’est mise en place. Il est encouragé que chaque Aïkidoïste développe constamment en lui son propre sens d’empathie afin de la mettre très utilement au service de sa pratique.

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