L’accompagnement verbal avec les principes d’aïkido – (« Irimi »)

« Le pouvoir de questionner est la base de tout progrès humain. » ~ Indira Gandhi

On peut dire que la deuxième étape dans l’Aïkido Verbal se compose de deux parties, mais il arrive assez souvent que l’exécution de la première partie[1] soit si efficace que cela rend la deuxième partie[2] inutile. Celui qui vous attaque s’attend à une contre-attaque ou à une réaction de soumission de votre part ; aussi, si votre réponse accompagne son attaque, cela peut très vite le déstabiliser.

Attaquant : Vous, les directeurs, vous êtes tous les mêmes, vous ne vous intéressez qu’à vos nombrils !

Aïkidoïste : […] Je crois comprendre ce que vous essayez de dire. […]. Continuez.

Être capable de détecter le moment où l’attaquant a été déstabilisé et savoir exploiter cette situation, est développé dans le chapitre 5 du livre. Vous pourrez y apprendre que, au-delà de l’efficacité des techniques décrites pour déstabiliser votre interlocuteur, la compétence essentielle recherchée est étroitement liée au mouvement d’Aïkido appelé « Irimi ».

L’Irimi (ou « l’entrant ») gère les attaques de front par un glissement de côté, en entrant dans une zone ou une position où le coup sera évité. Ce mouvement permet de rapprocher le « centre » de l’agressé au centre de l’attaquant, et contraint ce dernier à changer de direction s’il a l’intention de continuer l’attaque. D’un point de vue physique, il est beaucoup plus difficile d’attaquer quelqu’un qui se positionne à côté ou derrière vous et qui regarde dans la même direction que la vôtre, que d’attaquer quelqu’un qui vous fait face. C’est également vrai lorsqu’il s’agit d’une attaque verbale : si votre position est opposée à celle de votre attaquant, il convient de vous déplacer. Il sera plus difficile pour votre agresseur de continuer son attaque si vous adoptez une posture dénuée de toute opposition. Le fondateur de l’aïkido, Morihei Ueshiba, explique dans son poème :

Aussitôt que

L’ennemi devant moi

Attaque avec une épée,

Je me positionne déjà

Derrière lui.

Souvenez-vous qu’avec l’Irimi, ni nous n’attaquons, ni nous n’acceptons l’attaque. L’une des grandes erreurs commises lors d’échanges verbaux est la poursuite stérile d’une discussion pour essayer de convaincre l’attaquant de son propre point de vue. En évitant de contre-attaquer avec vos avis, ou de consentir aux avis de l’attaquant, vous arriverez à le déstabiliser plus rapidement que vous ne le pensez ! Pour atteindre un point de déstabilisation « contrôlé », l’Aïkidoïste doit volontairement accompagner l’attaquant et laisser la force de l’attaque créer elle-même le déséquilibre.



[1] C’est-à-dire accompagner une attaque

[2] C’est-à-dire déstabiliser intentionnellement l’attaquant 

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